Prolonger le calendrier de mise en œuvre du Plan de relance et de résilience (PRR) au-delà de 2026 n’est pas un scénario viable, car cela ne serait possible qu’avec l’approbation unanime des 27 États de l’Union européenne. C’était l’un des sujets sur la table de certaines des réunions qu’une délégation de la Commission européenne a tenues ce mercredi, à Lisbonne, avec le gouvernement, les partis politiques, les partenaires sociaux et d’autres institutions de la société civile.

La délégation bruxelloise comprend deux poids lourds de la Commission européenne : Céline Gauer, directrice générale de la Task Force Recovery and Resilience – SG Recover ; et Declan Costello, directeur général adjoint de la DG ECFIN. Avec d’autres personnalités, ces responsables participeront à l’événement annuel dédié au PRR qui se déroule ce jeudi au Museu dos Coches, à Lisbonne, organisé par la Mission Structure to Recover Portugal et la Commission européenne.

Ce mercredi, l’équipe a rencontré la ministre Mariana Vieira da Silva, les partis politiques et les partenaires sociaux. L’un des sujets abordés lors de certaines de ces réunions était la possibilité, évoquée ces dernières semaines par Mariana Vieira da Silva, Marcelo Rebelo de Sousa et d’autres personnalités, d’une prolongation du calendrier d’exécution du PRR, en raison de le contexte macroéconomique difficile créé par la guerre d’Ukraine. « Il se peut que l’on en vienne à la conclusion que si la guerre dure trop longtemps, l’exécution du PRR a besoin d’une pause. Mais tout cela est encore très indéfini. Personne ne sait, à proprement parler, combien de temps la guerre peut durer », a déclaré Marcelo Rebelo de Sousa le 9 juin.

Cependant, ce scénario de report sera extrêmement difficile, puisque le PRR étant financé par de la dette émise par l’Union, le report ne serait possible que s’il y avait une décision unanime à cet effet par tous les États membres, avec comme facteur aggravant que dans beaucoup de elles exigeraient la ratification par les parlements respectifs. Le calendrier se poursuivant, le Portugal et les autres États membres devront se concentrer sur l’application des fonds. « L’important est que l’argent soit appliqué dans les domaines prévus dans le plan. Si le plan disait que la maison serait peinte en vert et qu’à la fin elle serait bleu ciel, ce n’est pas important », a déclaré une source entendue par Jornal Económico.

Le Portugal dispose d’une enveloppe supplémentaire de 1,6 milliard d’euros

Un autre sujet qui aura été abordé sera le sort qui sera réservé aux 1,6 milliard d’euros supplémentaires que recevra le Portugal dans le cadre du « bazooka » européen. Le gouvernement portugais pourra utiliser ce montant pour des projets qui correspondent aux priorités définies dans le PRR, telles que la transition climatique. C’était d’ailleurs l’un des sujets abordés lors des contacts avec l’exécutif, notamment en ce qui concerne l’investissement dans les énergies renouvelables – solaire et éolienne – comme moyen de réduire la dépendance aux énergies fossiles. Le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la Grèce sont des pays avec des avantages évidents dans ce domaine et ce montant supplémentaire pourrait être utilisé pour lancer de nouveaux projets renouvelables.