Le ministre de l’Éducation a annoncé vendredi que des modifications étaient en préparation à l’arrêté des qualifications pédagogiques afin « d’élargir l’éventail des candidats ».

Au cours de la prochaine année universitaire, les exigences relatives aux qualifications propres, qui ne supposent qu’un diplôme, seront étendues aux cours post-Bologne, conformément aux règles d’exécution du budget de l’État publiées le même jour dans le Diário da República.

En réaction au changement, Fenprof a seulement regretté qu’il n’y ait pas eu de négociation entre le ministère de l’Éducation et les syndicats sur le sujet, mais n’a pas contesté que la possibilité d’enseigner inclut désormais également les personnes diplômées après le processus de Bologne.

« Il n’y aura pas de réduction du niveau de formation requis si, par rapport aux cours post-Bologne, on observe les mêmes exigences qui sont déjà prises en compte pour le pré-Bologne », comme le prévoit le décret-loi, écrit Fenprof dans un rapport.

La structure syndicale ajoute que les nouvelles règles ne favorisent pas non plus ces enseignants, puisque leurs propres qualifications ne seront prises en compte que lors de l’embauche d’une école, la dernière porte d’entrée à laquelle les écoles recourent pour combler les postes vacants après avoir épuisé toutes les autres options.

« Et, d’emblée, ceux qui sont désormais considérés (…) n’auront également aucun avantage sur ceux qui pourraient déjà être candidats », précise Fenprof, estimant, en revanche, qu’il s’agit d’une mesure ponctuelle et ne répondre à la source de la demande problème de manque d’enseignants.

« Ce manque découle de la baisse croissante de l’attractivité de la profession, avec pour conséquence l’éloignement de milliers d’enseignants déjà qualifiés professionnellement et la fuite des jeunes des formations pédagogiques », soutiennent-ils.

Cependant, la position de Fenprof ne fait pas consensus parmi les différentes organisations représentatives des enseignants, les syndicats estimant que le ministère de l’Education manque de respect à la profession enseignante et met en péril la qualité de l’enseignement.

Pour l’Union de tous les professionnels de l’éducation, l’élargissement des qualifications pour le diplôme post-Bologne « aggrave encore la dévalorisation de la classe enseignante et dégrade simultanément, de manière sans précédent dans ce siècle, la qualité pédagogique de ceux qui seront dans les salles de classe ”.

Le syndicat considère également que la mesure va exacerber les inégalités entre les différentes écoles, à savoir celles qui ont un plus grand nombre d’enseignants avec des qualifications professionnelles, c’est-à-dire avec une maîtrise, et celles qui ont plus de professionnels sans formation pédagogique.

Le Syndicat national des enseignants diplômés des écoles polytechniques et universitaires soutient que « l’enseignement est un métier hautement spécialisé » et parle de « réactivation des processus de mauvaise mémoire », rappelant l’époque où les enseignants diplômés dans divers domaines pouvaient enseigner, mais sans formation à l’enseignement.

Défendant également que la question fasse l’objet d’une négociation, le syndicat insiste sur la nécessité « d’une politique éducative sérieuse qui réponde efficacement au besoin de recruter des enseignants ayant une formation scientifique et pédagogique adéquate ».

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