Par un arrêté de la Présidence du Conseil des ministres, publié aujourd’hui dans la deuxième série du Diário da República, le gouvernement a éteint la Fondation José Berardo (FJB), créée à Funchal en 1988 et qui était un instrument de gestion de la entreprise d’entrepreneur.

L’« extinction de la Fondation José Berardo » est prononcée à la suite d’un rapport de 2019 de l’Inspection générale des finances (IGF), dans le cadre de la loi-cadre sur les fondations, et prend effet parce que « les activités menées par la FJB démontrent que la fin réelle ne coïncide pas avec l’objet prévu dans l’acte d’institution », comme l’indique l’arrêté signé par le secrétaire d’État à la Présidence du Conseil des ministres, André Moz Caldas.

Publié le 15 février de l’année dernière, le rapport de l’IGF s’est concentré sur l’activité et les opérations financières menées par la Fondation Joe Berardo entre 2007 et fin 2017 et a conclu que, pendant cette période, cette entité « a poursuivi des activités financières à des fins ». différent des statuts, à savoir les opérations financières.

L’analyse a révélé que la situation économique et financière de FJB s’est détériorée depuis 2007, avec la réduction des actifs de 575 millions d’euros et du résultat net, qui est passé d’un positif de 102 millions d’euros cette année-là à un négatif de 245 millions d’euros en 2017, comme « effet de l’activité financière exercée ».

« Les principales activités menées ont consisté à réaliser des opérations financières à haut risque de marché (c’est-à-dire l’acquisition d’actions/prise de participation), avec la contraction d’importants emprunts (980 millions d’euros de dette fin 2017) », lit-on dans le rapport qui souligne que cette situation a aggravé le taux d’endettement de FJB à 207%.

Dans le même temps, le montant affecté à des fins statutaires équivaut à seulement 0,1% des actifs en 2017, soit 599 milliers d’euros.

Selon l’IGF, à fin décembre 2017, l’actif net de la Fondation s’élevait à 481,8 millions d’euros, une valeur qui reflète une diminution de 255,8 millions d’euros par rapport à 2016 et de 757,3 millions d’euros par rapport à 2011, cette situation étant causée « principalement par la diminution de la valeur des placements financiers ».

Suite à ce contrôle, l’IGF a également identifié des dépenses « sans lien avec les finalités sociales de la fondation/IPSS [Instituição Particular de Solidariedade Social] et/ou au profit direct des proches du fondateur (250 mille euros), sans cadre dans les statuts et la loi ».

Cependant, note le rapport, « ce n’est qu’à la fin de 2019 (lors de cet audit) que l’Institut de sécurité sociale de Madère (ISSM) a procédé à l’annulation de l’enregistrement en tant qu’IPSS pour ‘… , activités nécessaires à la réalisation d’objectifs de sécurité sociale’ (Déclaration n° 22/2019) ».

Outre l’aspect économique et financier, l’IGF a détecté d’autres non-conformités, à savoir le fait que la FJB n’a pas adapté les règles statutaires au statut de l’IPSS dans la région autonome de Madère (RAM), dans le délai légal (jusqu’en décembre 2017), ayant « seulement en 2019 » présenté la proposition, « bien qu’avec des lacunes ».

En outre, « il n’a pas respecté la loi-cadre sur les fondations (LQF) lorsqu’il a conclu, en 2015, un contrat de paiement en exécution de la propriété ‘Monte Palace Hotel’, pour régler une dette de 90 millions d’euros envers le ‘ Association of Collections’, sans autorisation préalable de l’autorité compétente pour la reconnaissance ».

La Fondation José Berardo a été un instrument dans la gestion de l’entreprise de l’entrepreneur, à travers laquelle il a contracté une dette, notamment pour l’acquisition d’actions de Millennium BCP, étant à la base du processus engagé par BCP, CGD et Novo Banco, pour les dettes en excès de 900 millions d’euros.

Selon l’arrêté de la Présidence du Conseil des ministres qui détermine l’extinction de la FJB, « l’organe de gestion de la Fondation José Berardo est limité à la pratique d’actes qui ne font que conserver le patrimoine fondateur et il est interdit d’accomplir des actes qui impliquent l’aliénation ou la charge de tous biens, participations sociales ou financières ainsi que la prise de nouvelles responsabilités ».

Les statuts de la Fondation prévoyaient des fins « caritatives, éducatives, artistiques et scientifiques », ce qui a donné lieu à sa reconnaissance par le Secrétariat Régional des Affaires Sociales de Madère, « en tant qu’institution privée de solidarité sociale », en 1991, ultérieurement enregistrée au Security Institute da Madeira, qui a été annulé par arrêté du 26 novembre 2019.

L’ouverture d’une procédure administrative de dissolution de la Fondation José Berardo a eu lieu le 5 janvier de cette année, après avis du Conseil Consultatif des Fondations et du Centre de Compétence Juridique de l’État.

L’extinction est établie sur la base des articles 192 du Code civil et 35 de la loi-cadre sur les fondations, qui l’imposent lorsque « les activités exercées démontrent que le but réel ne coïncide pas avec le but prévu dans l’acte d’établissement ».

Le processus d’extinction oblige désormais la Fondation à remettre au Secrétariat Général de la Présidence du Conseil des Ministres (SGPCM), dans un délai de 10 jours ouvrables, ses comptes, dettes et engagements, la liste des actifs et contrats existants, ainsi que l’identification de ses travailleurs et des responsabilités assumées.

Les administrateurs de la fondation sont également tenus « personnellement et solidairement responsables des actes qu’ils pratiquent et des dommages qui en résultent, en violation des règles précédentes », précise le diplôme.

José Berardo a été arrêté le 29 juin 2021, après avoir été inculpé de huit délits d’escroquerie qualifiée, de blanchiment d’argent, de fraude fiscale qualifiée, de deux délits d’abus de confiance qualifié et d’un délit de détournement de fonds, suite au procès ouvert par la banque.

Il a fini par faire l’objet d’une caution de cinq millions d’euros et d’une interdiction de quitter le territoire sans autorisation judiciaire.

Dans le cadre de ce processus, en juillet 2019, des œuvres de la collection d’art de l’homme d’affaires ont également été saisies, ce qui a constitué la base du protocole établi avec l’État en 2006, qui a conduit à la création de la Fundação de Arte Moderna e Contemporânea – Collection Berardo et l’ouverture du Musée de la Collection Berardo, au Centro Cultural de Belém (CCB), à Lisbonne, l’année suivante.

Renouvelé en 2016, avec un avenant, cet accord a été dénoncé par le ministre de la Culture, Pedro Adão e Silva, six mois avant la fin du mandat, en décembre de cette année.

Selon Pedro Adão e Silva, à partir de janvier 2023, l’espace CCB, où se trouve la collection d’art, ne s’appellera plus le Musée de la Collection Berardo, mais aura un nouveau nom.

PD (LT/MAG) // CSJ