Le gouvernement français a déclaré qu’il rappelait ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie pour des « consultations » pour protester contre un accord de sécurité d’un milliard de dollars, qui consiste à créer l’alliance « Aukus », afin que l’Australie reçoive une technologie permettant de développer et de construire sous-marins nucléaires. Paris n’a pas aimé être en reste et juge le comportement des partenaires stratégiques « inacceptable », selon la « BBC ».

La chancelière française a déclaré que la « décision exceptionnelle » était justifiée par la « gravité exceptionnelle » de la situation. Cette décision a provoqué la colère de la France, car elle signifiait la fin d’un accord d’un milliard de dollars qu’elle avait signé avec l’Australie.

L’accord est largement considéré comme un effort visant à réduire l’influence de la Chine dans la mer de Chine méridionale contestée. L’annonce a été faite mercredi par le président américain Joe Biden, le Premier ministre britannique Boris Johnson et leur homologue australien Scott Morrison.

La France a été informée de l’alliance quelques heures seulement avant l’annonce publique. Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a qualifié le pacte de « coup de poignard dans le dos » et a averti que les ambassadeurs étaient rappelés à la demande du président Emmanuel Macron.

L’accord « constitue un comportement inacceptable entre alliés et partenaires dont les conséquences affectent directement notre vision de nos alliances, nos partenariats et l’importance de l’Indo-Pacifique pour l’Europe », a déclaré Le Drian.

Un responsable de la Maison Blanche cité par « BBC » a déclaré que le gouvernement Biden regrettait cette décision et engagerait un dialogue avec la France dans les prochains jours pour résoudre leurs différends.

Pour sa part, la présidente australienne Marise Payne a déclaré qu’elle comprenait la « déception » du gouvernement français et espère travailler avec le pays pour s’assurer qu’il comprend « la valeur que nous accordons à la relation bilatérale ».

La convocation d’ambassadeurs est très inhabituelle parmi les Alliés et serait la première fois que la France convoque des envoyés des deux pays. Des diplomates français à Washington avaient déjà annulé un gala pour célébrer les relations entre les États-Unis et la France, prévu le vendredi 18 septembre.

Les responsables français étaient encore plus furieux d’entendre parler de l’accord quelques heures seulement avant l’annonce publique, et cela faisait partie d’un nouvel accord de sécurité impliquant trois pays, dont le Royaume-Uni – également une surprise totale, ont-ils déclaré.

Le nouvel accord signifie que l’Australie deviendra seulement le septième pays au monde à exploiter des sous-marins à propulsion nucléaire. Il verra également des alliés partager des cybercapacités, l’intelligence artificielle et d’autres technologies sous-marines.

L’annonce a clôturé un accord d’une valeur de 37 milliards de dollars (31,5 milliards d’euros) que la France avait signé avec l’Australie en 2016 pour la construction de 12 sous-marins conventionnels. La Chine a toutefois accusé les trois puissances impliquées dans le pacte d’avoir une « mentalité de guerre froide ».