La Cour des comptes (TdC) a recommandé au ministère de l’Éducation de mettre en œuvre un plan pour garantir le remplacement du matériel informatique obsolète et un système pour contrôler que chaque élève ne reçoive qu’un seul « kit ».

Ce sont deux des recommandations des auditeurs de TdC, qui ont analysé l’impact de l’enseignement à distance et de la numérisation pendant la pandémie de covid-19, et ont conclu qu’« une réponse rapide et adaptée à la pandémie a été donnée, mais limitée par des compétences et des supports numériques insuffisants. ”.

Les auditeurs ont analysé l’accès à l’éducation de près de 1,2 million d’élèves de la 1re à la 12e année qui, au cours des deux dernières années académiques, ont dû changer de salle de classe pour un écran et ont conclu que l’E@D était « mis en œuvre dans toutes les écoles et tous les niveaux. » mais a demandé « un effort important » de la part de tous, « notamment des élèves et des enseignants ».

Cependant, lorsqu’en mars 2020 les écoles ont fermé leurs portes et que les élèves sont rentrés chez eux pour la première fois « toutes les conditions d’efficacité d’E@D n’étaient pas réunies ».

Il y avait des élèves et des enseignants sans compétences numériques, la plupart des élèves n’avaient pas d’ordinateur, il y avait des difficultés d’accès à Internet et les écoles étaient confrontées à des équipements obsolètes.

Certains établissements scolaires ont fini par prêter du matériel « de plus de 15 ans », peinant à acheter les accessoires nécessaires, comme des micros ou des caméras, pour que les élèves puissent participer aux cours en ligne.

Les commissaires aux comptes considèrent que l’autorisation de l’acquisition de 386 millions d’euros en supports numériques pour les écoles était « tardive » : « Ce n’est que le 16 juillet 2020, et donc sans impact sur l’année scolaire 2019/20, que le Gouvernement a autorisé la dépense. pour l’acquisition d’ordinateurs, de connectivité et de services associés à mettre à la disposition des écoles ».

Lorsque les écoles ont de nouveau fermé fin janvier de cette année, « les moyens numériques pour une reprise adéquate d’E@D n’avaient pas encore été diffusés ».

Les équipements « n’ont commencé à arriver aux élèves qu’à partir de l’année scolaire 2020/21 » et plus de 60% « n’arriveront qu’à l’année scolaire suivante », précise le document.

Pour les auditeurs, le manque de moyens numériques était justement le plus gros frein à l’opérationnalisation de la formation à distance.

Et, dans cette démarche, le TdC met l’accent sur la « solidarité de la société en général », avec des prêts et des dons de collectivités locales, d’associations et d’entités privées.

A l’heure où des entités extérieures à l’école contribuaient à pallier le manque d’équipements et où les écoles distribuaient également des « kits » aux élèves, les auditeurs mettent cependant en garde contre le danger de « doubler la prise en charge ».

« Des procédures centralisées de contrôle préventif de la duplication des supports dans les médias numériques n’ont pas été mises en place, ce qui réduit l’efficacité de sa distribution prioritaire aux étudiants les plus nécessiteux et augmente le risque de gaspillage de l’argent public », précise l’audit.

Pour cette raison, TdC recommande au ministère de l’Éducation d’améliorer le « système de gestion et de contrôle des médias numériques, en évitant la duplication des supports ».

La Cour a également constaté qu’il n’existait pas de plan stratégique pour remplacer les supports numériques acquis par les écoles et recommande donc à la tutelle d’élaborer un « plan stratégique » pour garantir l’échange lorsqu’ils deviennent obsolètes.

Rappelant que les ordinateurs ont une courte durée de vie, les auditeurs avertissent qu’il est nécessaire d’avoir un plan de remplacement, afin que ce qui s’est passé il y a un peu plus d’une décennie ne se reproduise pas, avec le Plan technologique pour l’éducation : en 2008, le Portugal avait un ordinateur connecté à Internet pour deux élèves, mais en 2017/2018, il n’y avait qu’un ordinateur pour cinq élèves.

Le rapport a également identifié des «insuffisances dans la collecte d’informations sur l’impact de la pandémie», c’est-à-dire que les données n’ont pas été présentées sur le nombre d’élèves sans un ou plusieurs enseignants et sans médias numériques, le nombre d’enseignants en E@D ou combien d’heures d’enseignement prévues n’ont pas été enseignées.

Les auditeurs ont également constaté que l’apprentissage à distance était plus préjudiciable aux étudiants qui avaient le plus besoin de soutien.

À une époque où les élèves apprenaient à la maison, l’aide pouvait venir de la famille, mais au Portugal, près de la moitié de la population (48 %) entre 25 et 64 ans n’a pas terminé ses études secondaires, ce qui est susceptible d’affecter un meilleur suivi au niveau domicile.

De plus, les compétences numériques des Portugais sont inférieures à la moyenne européenne, se situant à la 20e position dans l’UE : en 2019, seulement 54% des individus entre 25 et 64 ans avaient des compétences numériques de base ou plus que de base, selon un .tableau fourni dans le rapport.

Les auditeurs rappellent les estimations qui font état d’environ 20 000 élèves avec lesquels il n’a pas été possible de contacter pendant la période de fermeture des écoles, appartenant aux groupes les plus vulnérables, les plus défavorisés économiquement, les moins motivés, connaissant déjà des difficultés d’apprentissage, avec échec et en danger d’abandon.

Cependant, la Direction générale des établissements scolaires (DGEstE) précise que « les écoles n’ont pas fermé. Les étudiants étaient sur une base non-présentative. (…) Il y a toujours eu des équipes de personnes travaillant dans les écoles et nous avons toujours eu un réseau d’écoles d’accueil ».

Concernant les dépenses budgétaires de l’Éducation, les auditeurs indiquent que les fonds dépensés ont été utilisés, pour l’essentiel, pour acheter des équipements de protection individuelle : la première année, 3,5 millions ont été dépensés et l’année qui s’est terminée, les dépenses sont passées à 11,5 millions.

Le ministère de l’Éducation, dans une affaire contradictoire, évoque que plusieurs mesures ont été introduites en réponse au covid-19, dont les dépenses sont estimées à « supérieures à deux cents millions d’euros par année scolaire, ce qui, comme toujours en cours, ne permettent, à cette date, la détermination de sa valeur exacte ».

Parmi les mesures, la tutelle pointe « le renforcement du budget des écoles pour l’acquisition des équipements de protection individuelle et du matériel d’entretien, le renforcement du crédit horaire d’une heure de plus par classe, l’élargissement du programme d’accompagnement spécifique aux tutorats, le renforcement du soutien à l’éducation inclusive ».

Le ministère ajoute également « l’embauche de 900 techniciens spécialisés pour les plans de développement personnel, social et communautaire et l’embauche de 1 500 assistants opérationnels ».

OUI // HB

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