« L’employabilité a été prise en compte dans l’offre de formation des cycles d’études de formation initiale des Etablissements d’enseignement supérieur (EES), mais les indicateurs retenus présentent des lacunes et il n’y en a pas sur l’employabilité », révèle le rapport de la Cour des comptes (TdC) rendu public ce jour sur « L’employabilité des cycles d’études de l’enseignement supérieur ».

Les auditeurs ont voulu comprendre si l’employabilité était prise en compte dans la définition de l’offre de formation des masters de premier cycle et intégrés et si son suivi était efficace, après avoir décelé des failles dans l’analyse des critères et orientations retenus au Concours National d’Accès (CNA) l’an dernier .

Le TdC a confirmé que l’employabilité est l’un des éléments pris en compte pour définir l’offre de cycles d’études, de même que les niveaux de chômage sont analysés pour limiter le nombre de postes vacants et de cycles.

Cependant, il existe des paramètres qui présentent « des lacunes qui compromettent leur efficacité », comme c’est le cas du « Niveau de chômage d’un cycle d’études ».

L’efficacité de ce critère est remise en question car il ne se base que sur les diplômés chômeurs inscrits dans les Pôles emploi de l’Institut pour l’emploi et la formation professionnelle (IEFP). Or les auditeurs rappellent qu’en 2020, par exemple, les chômeurs diplômés inscrits à l’IEFP « n’étaient que la moitié des chômeurs indiqués par l’INE ».

Du coup, ces échecs finissent par « permettre l’ouverture de postes vacants et de cycles avec un chômage pertinent ».

Selon les auditeurs, l’offre et la demande de cycles d’études convergent déjà dans les domaines de formation à faible taux de chômage, mais l’offre reste dans les domaines à taux de chômage élevé, comme la gestion et l’administration.

Les auditeurs se sont également rendu compte qu’il n’existait pas d’indicateur d’employabilité qui envisageait « ses composantes multiples et complexes » et fournissait « des informations critiques sur la situation professionnelle des diplômés au regard de la qualité de leur emploi ».

C’est-à-dire que l’item doit analyser si, par exemple, le diplômé qui a obtenu un emploi travaille dans son domaine de formation, s’il a un emploi moins qualifié ou « moins exigeant en termes de compétences », mais ce n’est pas le cas.

Le TdC reconnaît qu’il existe actuellement des initiatives en cours, telles que le projet Graduate Tracking Portugal et l’infrastructure nationale de données de l’INE, qui « peuvent contribuer à atténuer ces lacunes ».

En outre, les auditeurs mettent en garde contre la nécessité d’une plus grande coordination entre les institutions et les employeurs, ces derniers se plaignant d’une « inadéquation des offres d’emploi disponibles ».

Concernant les dispositifs de suivi de l’employabilité, les établissements d’enseignement supérieur ont développé des actions pour accompagner l’insertion de leurs diplômés sur le marché du travail et « collecter, traiter et diffuser des informations sur leur parcours professionnel ».

Cependant, il n’existe pas de norme, ce qui fait varier les informations d’un établissement à l’autre, ce qui finit par nuire à la comparabilité des informations et limiter l’efficacité des systèmes de suivi et leur soutien à la définition de l’offre de formation, indique le rapport.

Compte tenu de ce cadre de contraintes et d’offre de formation dans les zones à fort chômage, les auditeurs considèrent qu’il est nécessaire d’améliorer l’information et le suivi de l’employabilité afin d’améliorer la définition de l’offre, en tenant compte « des besoins de la société et des marché ».

Faute de quoi, préviennent-ils, « les attentes des candidats à l’enseignement supérieur seront escroquées » car ils ne pourront pas réaliser l’emploi attendu. En outre, ajoutent-ils, les risques de « formation inefficace et d’investissement public inefficace » augmentent également.

Le TdC recommande donc au ministre de la Science, de la Technologie et de l’Enseignement supérieur (MCTES) que les insuffisances d’information soient corrigées et qu’un cadre réglementaire soit défini pour le suivi de l’employabilité.

« La transparence de l’investissement public dans la formation des diplômés et dans l’amélioration de leur employabilité » est une autre des recommandations du rapport, qui s’est appuyé sur l’analyse des critères et orientations adoptés dans le cadre du Concours National d’Accès (CNA) pour le année académique 2020/2021.

OUI // ZO