« Assez attend l’unité de la droite dans cette affaire, puisque la réalisation de la justice doit être un objectif commun de cet espace politique non socialiste », déclare le parti dans un communiqué, dans lequel il ajoute que le diplôme a déjà été soumis au Assemblée de la République aujourd’hui.

Dans l’exposé des motifs du projet de loi envoyé aux médias, il est lu que cette possibilité de sanction s’appliquerait « pour les crimes de meurtre commis avec une perversité particulière, à savoir contre des enfants ».

« La mort d’une fille dans des conditions tragiques de violence et de brutalité, comme cela s’est produit avec la petite Jessica, à Setúbal, ne peut laisser le pays indifférent. Et ne peut ni ne doit laisser le pouvoir législatif indifférent », justifie le texte.

Le projet de loi précise que « la grande majorité des pays européens ont, dans leur ordre juridique, l’institut de la réclusion à perpétuité », en citant comme exemples l’Angleterre, l’Allemagne ou la France, et qu’en 2019 il y avait 27.213 condamnés à la réclusion à perpétuité en Europe.

« Il n’y a aucune raison – au contraire – pour l’inexistence de ce type de peine dans le système juridique portugais, tant que la possibilité de libération conditionnelle est prévue après l’accomplissement minimum d’une fraction de la peine. En ce sens, ni le fondement de la dignité de la personne humaine ni le principe d’humanité des peines ne peuvent, dans le cadre de la Constitution de la République portugaise, empêcher la réintroduction de la réclusion à perpétuité dans notre pays », défend le parti.

S’il admet qu’à l’avenir, le Chega proposera la possibilité de la réclusion à perpétuité pour d’autres délits (« notamment les cas graves de trafic de drogue ou de délit sexuel »), le diplôme désormais délivré ne traite que des « cas d’homicide qualifié, lorsque l’intensité de la l’intention de l’agent et les circonstances particulièrement violentes ou perverses dans lesquelles le crime est commis peuvent le justifier au regard des finalités du droit pénal ».

Le diplôme Chega entend notamment amender l’article 132 du Code pénal, relatif à l’homicide qualifié.

« Si le décès survient dans des circonstances révélant une censure ou une perversité particulière, l’agent est puni d’un emprisonnement de douze à vingt-cinq ans, ou de la réclusion à perpétuité si le haut degré d’illégalité de l’acte et les conditions personnelles du condamné justifient il », dit le projet de loi.

Dans un autre article, la possibilité est introduite pour le tribunal « d’admettre la libération conditionnelle d’une personne condamnée à la réclusion à perpétuité, après avoir purgé 15 ans de peine », à condition que certaines conditions soient remplies.

Lors de la dernière législature, Chega a présenté un projet de révision constitutionnelle pour autoriser, entre autres modifications de la loi fondamentale, la possibilité de la réclusion à perpétuité, mais le texte a été rejeté par les autres bancs.

La question a de nouveau fait polémique lors de la campagne pour les législatives du 30 janvier, lorsqu’André Ventura a mis au défi le leader du PSD de commenter la question, Rui Rio répondant par les différents régimes de réclusion à perpétuité qui existent dans le système judiciaire européen – et s’éloigner de celles dans lesquelles on peut être emprisonné à vie – ce qui lui a valu des accusations de la part du PS d’admettre avoir rétabli ce type de peine.

SMA // HB