A partir de juillet, et pour les cinq prochaines années, toutes les communes devront adopter des systèmes dans lesquels les ordures sont taxées séparément, sans être indexées sur la facture d’eau, dans une perspective de «Pay As You Throw» (PAYT), une sorte de pollueur – concept de paye appliqué aux déchets, dans lequel chacun paie «en proportion directe des déchets indifférenciés» qu’il crée.

Les objectifs sont définis dans un décret-loi portant régime général de gestion des déchets, de décembre 2020, qui transpose les normes européennes et fixe des objectifs de recyclage.

«La gestion des déchets solides urbains va être modifiée de manière décisive. Il va falloir changer de comportement, changer de mentalité et surtout évoluer. C’est un très grand saut que nous allons faire dans notre pays », a déclaré Bruno Santos, de Deco.

L’association a lancé ces dernières années la campagne «Les ordures, ce n’est pas de l’eau», avec plus de 27 mille signatures pour la séparation des tarifs et un tarif des déchets plus juste, considérant que le paradigme d’associer le tarif des déchets solides à la facture d’eau consommée une barbarie absolue »et« sans base logique ».

Malgré l’optimisme sur la nouvelle méthode, renforcé par des rencontres avec les communes de tout le pays, moins de trois mois avant le début de la période de transformation, l’association de consommateurs laisse pour l’instant des «réserves» sur ce qui peut entraver le fonctionnement du système.

En tête des avertissements de Deco, il y a le financement de la conversion technologique «extrêmement coûteuse» des nouveaux systèmes.

«Nous savons que la plupart des municipalités sont dans leur capacité financière et, par conséquent, ne sont pas en mesure de supporter les coûts de transformation de l’ensemble du système de gestion des déchets solides urbains. C’est pour nous un premier problème », a déclaré Bruno Santos.

«Il y a une solution claire, nous semble-t-il. Nous avons ici un Plan de Relance et de Résilience (PRR) très dédié aux réformes structurelles de l’Etat. Il s’agit clairement d’une réforme structurelle de l’Etat dans le domaine de l’environnement », a-t-il ajouté.

Selon Deco, une autre difficulté pour les municipalités est due au fait que de nombreuses chambres dépendent de contrats de concession pour leurs systèmes MSW qui se terminent après 2026, date limite de conversion.

«C’est un problème que nous avons soulevé. Que se passera-t-il dans ces cas? Y a-t-il une sorte de moratoire pour ces municipalités ici? Ou l’Etat va-t-il payer pour l’anticipation de la fin de ces contrats? », A-t-il demandé.

Deco exige également de la transparence dans le processus et demande à l’Etat de créer un outil, par exemple un «site web», afin que «dans lequel à chaque fois l’évolution de la mise en œuvre du système dans toutes les communes soit contrôlable».

«Ce que nous voulons, c’est que les municipalités s’engagent dans le programme, construisent un plan pour les cinq prochaines années et que ce plan soit véritablement examiné et contrôlé à tout moment, que ce soit par les citoyens ou par l’administration centrale. C’est crucial, sous peine d’avoir un territoire ici à des vitesses différentes », a-t-il estimé.

Dans une année d’élections municipales, Bruno Santos a défendu que ce sujet doit faire partie des débats avec les candidats et re-candidats, «parce que c’est une stratégie qu’ils doivent avoir».

« Cela doit figurer dans le contrat électoral qu’ils proposent à leurs citoyens », a-t-il déclaré.

De son côté, l’Association nationale des communes portugaises (ANMP), qui a émis un avis défavorable au décret-loi, souhaite la révision du diplôme dans le cadre de l’évaluation parlementaire en cours, jugeant «inacceptable l’élargissement des compétences communales en termes de la gestion des déchets »Et pour avoir été en désaccord avec l’augmentation de la redevance de gestion des déchets (TGR), selon le président de l’ANMP, Manuel Machado, à l’issue d’une réunion du conseil d’administration de l’Association.

L’ANMP entend également «prolonger la période de transition, car les communes et les systèmes municipaux ou multi-communaux respectifs ne disposent pas des ressources financières, techniques et humaines pour permettre, dans un laps de temps aussi court – environ six mois -, de s’adapter à le nouveau cadre juridique ».

Ainsi, il a défendu la nécessité pour le Gouvernement de renforcer l’accès des municipalités aux lignes de financement du Programme et Fonds Environnementaux, «fondamentaux pour la mise en œuvre du nouveau régime juridique et pour l’acquisition du système indispensable afin que, à partir de juillet prochain , la mesure et la facturation cessent d’être effectuées par association avec la consommation d’eau et commencent à être facturées de manière autonome ».

RCS (AMV) // MCL