Lors d’une conférence de presse, tenue à Lisbonne, le Premier ministre, António Costa, a présenté les règles d’une nouvelle période de confinement, qui implique la fermeture de tous les commerces, «à l’exception des établissements autorisés».

«Les activités de vente au détail et de prestation de services dans les établissements ouverts au public sont suspendues, à l’exception de ceux qui fournissent des biens ou fournissent des services essentiels ou d’autres services jugés essentiels», lit-on dans le communiqué du Conseil des ministres qui a eu lieu cet après midi.

En mars de l’année dernière, lorsqu’un état d’urgence a été décrété et que les librairies ont été obligées de fermer leurs portes, elles ont été autorisées à être ouvertes si elles effectuaient des ventes via un guichet, comme le ministre de la Culture de l’époque l’avait justifié par considérez que les livres sont également une nécessité fondamentale.

Interrogé pour savoir si cette possibilité était gardée dans ce nouveau confinement, le ministère de la Culture a confirmé à l’agence Lusa que les librairies pourront vendre au guichet.

Par ailleurs, António Costa a évoqué jeudi l’annonce « d’un ensemble de mesures de soutien aux secteurs particulièrement touchés », qui sera présentée par le ministre de la Culture et le ministre de l’Économie.

Contactée par Lusa, l’Association portugaise des éditeurs et libraires (APEL) a refusé de commenter les mesures annoncées, préférant attendre pour connaître toutes les règles et le soutien prévus pour le marché du livre.

L’annonce d’aujourd’hui aggravera la situation d’un secteur qui n’a pas encore réussi à se remettre de la crise qu’il traverse en raison de la période pendant laquelle j’ai été fermé, emmenant de nombreuses librairies et éditeurs à la limite de la survie.

Selon les dernières données sur les ventes de livres au Portugal, mises à disposition par le cabinet de conseil Gfk, le secteur du livre avait retrouvé fin octobre un peu de souffle suite à la chute brutale qu’il avait enregistrée en raison de la pandémie, mais il se poursuivait avec une baisse de 15,8 %, ce qui signifie des pertes de 7,5 millions d’euros.

Entre le 19 mars et le 2 mai, le pays était en état d’urgence, qui a immédiatement basculé vers une situation de calamité, et le marché a chuté.

Pour tenter d’aider le secteur, en avril, le ministère de la Culture a annoncé le lancement d’un programme d’un montant total de 400 mille euros – renforcé par la suite d’environ 36 mille euros -, pour l’achat de livres, à un prix à vendre au public, à partir des catalogues d’éditeurs et de librairies, jusqu’à concurrence de cinq mille euros par éditeur et librairie, à diffuser par le Réseau pour l’enseignement du portugais à l’étranger et le Réseau des centres culturels.

A ce montant s’ajoutent 200 000 abonnés au budget pour l’achat de livres pour les bibliothèques du Réseau National des Bibliothèques Publiques, privilégiant les librairies de proximité.

Ces mesures n’ont pas été bien accueillies par l’APEL qui a estimé qu’elles ne se rapprochaient pas de ce que les éditeurs et libraires avaient proposé, ni pour résoudre leurs problèmes.

Selon Gfk, les données sur les ventes de livres dans les magasins physiques, entre la deuxième semaine de mars et le dernier mai, révèlent une perte de 16,1 millions d’euros (de 28 millions en 2019, à 11,9 millions en 2020), ce qui a entraîné une baisse de 57,6%.

De fin mai à fin septembre, il y a eu reprise et les montants inscrits ont atteint 39,6 millions d’euros, soit 7,5 millions de moins qu’à la même période de l’année précédente.

Faisant le bilan global des neuf premiers mois de 2020, le plus récent disponible, le marché portugais du livre a enregistré des pertes d’un montant de 23,3 millions d’euros, par rapport à 2019 (de 102,2 millions à 78,9 millions).

AL // MAG

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