Le président de l’Alliance mondiale pour les vaccins (GAVI), José Manuel Barroso, défend que le processus de vaccination mondiale contre le covid-19 ne doit pas être «un concours ou un concours de beauté entre pays».

« La lutte ne doit pas être entre pays ou institutions ou entreprises, mais entre les vaccins, d’une part, et le virus, d’autre part », déclare l’actuel président de l’Alliance mondiale pour les vaccins (GAVI) dans un entretien écrit avec le agence Lusa.

«Ce n’est pas un concours ou un concours de beauté entre pays, ce qui est en jeu, c’est la vie des gens», dit Barroso.

Pour l’ex-président de la Commission européenne, les différences qui se vérifient dans les processus de vaccination ont davantage à voir avec des «options spécifiques» dues à des «situations particulières».

Cependant, affirmant qu’il ne veut pas entrer dans les controverses, Durão Barroso souligne que «la vérité est que, tout au long de ce processus, nous avons vu des pays considérés comme exemplaires dans la gestion de la pandémie passer du« paradis »à« l’enfer »et inversement… »

«Concernant la situation dans l’Union européenne, le président de GAVI reconnaît qu ‘« il n’y a pas de solutions parfaites », mais considère que« la coopération entre pays européens dans ce domaine est certainement meilleure que l’alternative [que seria a] concurrence pour des approvisionnements rares », ce qui« aurait été un mauvais résultat pour les Européens ».

Si «différents pays étaient en concurrence et dépassaient d’autres avec des offres de prix plus élevées» et que certains pouvaient avoir accès à plus de vaccins que d’autres, «certains n’auraient même pas encore pu accéder aux vaccins», ce qui serait «extrêmement déstabilisant pour l’Europe et même pour coopération mondiale », estime-t-il.

C’est dans ce contexte que le président de GAVI souligne que l’important est «de travailler ensemble, au lieu d’essayer de« rechercher l’immunité «nationale» ou «régionale» ».

«Ce qui est évident lorsque nous voyons comment le virus mute, c’est que nous ne serons en sécurité nulle part tant que nous ne serons pas en sécurité partout, l’immunisation d’une partie seulement de la population ne vaincra jamais le virus et augmentera la probabilité de sa mutation et de sa prolifération.», Considère Barroso.

Selon l’ex-président de la Commission européenne, tant que la pandémie ne sera pas maîtrisée, il ne sera pas possible de revenir à un niveau d’activité économique et sociale plus ou moins normal.

« Actuellement, la meilleure politique économique est la politique de vaccination », répète-t-il.

«Avec des sociétés et des économies confinées, l’économie et l’emploi souffrent beaucoup (…) seule la vaccination progressive nous permettra de retrouver une vie normale et l’économie pourra renouer avec la croissance», observe l’ex-président de la Commission européenne.

C’est en ce sens qu’il souligne l’importance de la distribution de vaccins aux pays les moins avancés, notamment en Afrique, car elle permettra une généralisation du processus de vaccination.

José Manuel Barroso rappelle également que c’est l’une des missions de Covax – l’organisation qui rassemble plus de 160 pays pour distribuer les vaccins – et que son objectif est d’éviter de répéter l’erreur de 2009, face à la pandémie H1N1 (so- appelée «grippe de la volaille»), les pays riches ont acheté tous les vaccins.

«J’espère que la leçon sera apprise, de sorte que la prochaine fois que nous ferons face à une pandémie, le modèle Covax est déjà en place pour une réponse encore plus rapide», dit-il.

Et il ajoute: «De même, nous avons besoin de meilleurs systèmes de surveillance afin de pouvoir identifier et répondre plus rapidement et plus efficacement aux nouvelles menaces pour la santé humaine. Toute la question de la résilience est en jeu (…), qui est essentielle pour nos sociétés et surtout pour la santé publique ».

APN / LM // HB

Le contenu Covid-19: La vaccination «n’est pas un concours ou un concours de beauté entre pays» apparaît en premier dans Vision.