La position de l’exécutif communautaire sera connue dans le cadre de l’exercice de printemps du semestre européen de coordination des politiques économiques et budgétaires, au sein duquel Bruxelles devra également émettre des recommandations par pays et présenter son avis sur le plan budgétaire de l’Etat pour 2022 ( OE2022) du Portugal, publié vendredi dernier.

Début mars dernier, à l’occasion de la présentation des orientations de la politique budgétaire pour l’année prochaine, la Commission européenne a reconnu pour la première fois que l’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie, fin février, avait des conséquences économiques en Des Europe difficiles à quantifier — mais déjà visibles dans la révision à la baisse des prévisions macroéconomiques publiées lundi dernier — et pourraient remettre en cause le retour annoncé aux règles de discipline budgétaire en 2023.

Activée il y a deux ans en raison de la pandémie de covid-19, la suspension temporaire des règles du pacte de stabilité et de croissance (PEC) devrait prendre fin à la fin de cette année, mais la situation sera réévaluée à la lumière des guerre et son impact impact négatif sur la croissance de l’économie européenne, avec des répercussions sur les marchés financiers, de nouvelles pressions sur les prix de l’énergie, des goulots d’étranglement plus persistants dans la chaîne d’approvisionnement et des effets sur la confiance.

Sur la base des prévisions de printemps – dans lesquelles Bruxelles a révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique en Europe en raison de la guerre en Ukraine, elle estime désormais à 2,7 % la hausse du PIB cette année, tant dans l’UE que dans la zone euro, alors qu’en hiver, des augmentations prévues de 4 % dans les deux cas – la Commission devrait alors proposer aujourd’hui aux États membres de continuer à suspendre pour une année supplémentaire les règles du PEC qui exigent que la dette publique des États membres ne dépasse pas 60 % du Produit Intérieur Brut (PIB ) et imposer un déficit inférieur au seuil de 3 %.

En avril, lors de ses débuts aux réunions européennes, le ministre des Finances, Fernando Medina, envisageait de prolonger, pour une année supplémentaire, la suspension des règles budgétaires européennes, alors que le Portugal avait atteint l’objectif de déficit en 2021 et comptait le refaire cette année. .

L’exercice de printemps du semestre européen de coordination des politiques économiques et budgétaires, qui sera présenté ce matin par les commissaires européens Valdis Dombrovskis et Paolo Gentiloni, à Bruxelles, a lieu le même jour que les ministres des finances de la zone euro se réunissent à Bruxelles pour une réunion de l’Eurogroupe, au cours de laquelle l’avis de Bruxelles sur l’OE2022 sera analysé.

Vendredi, la Commission européenne a rendu un avis favorable sur le projet de budget présenté en avril dernier par le nouveau gouvernement, estimant qu’il est conforme aux recommandations du Conseil, et souligne l’importance pour le Portugal de soutenir la relance économique par le « bazooka ».

Ayant toujours comme référence la cohérence des plans budgétaires avec les recommandations du Conseil émises en juin 2021, Bruxelles souligne que, « comme recommandé par le Conseil, le Portugal prévoit de continuer à soutenir la relance en utilisant le mécanisme de relance et de résilience pour financer des investissements supplémentaires », ainsi que le maintien des investissements financés par l’État.

Lors de la réunion de l’Eurogroupe d’aujourd’hui, qui débutera à 15 heures, heure locale (14 heures, heure de Lisbonne), les ministres des finances des pays à monnaie unique, dont Fernando Medina, discuteront également des candidatures au poste de directeur exécutif du Mécanisme l’Union européenne de stabilité (MEE), une « course » dans laquelle se trouve l’ex-ministre João Leão, l’un des quatre candidats à la succession de Klaus Regling, bien qu’un soutien exprès à un candidat ne soit pas attendu, la décision devant être prise en Juin, au siège de l’ESM.

ACC // MSF