Un futur gouvernement avec ou sans Chega, la gestion de la TAP et la pérennité de la Sécurité sociale dans la foulée de l’aide sociale ont été des sujets soulignés dans le débat entre André Ventura, président de Chega, et João Cotrim de Figueiredo, président de l’Initiative libérale, qui a eu lieu sur RTP ce dimanche.

Gouvernement : avec ou sans Chega ?

Le premier thème montrait les clivages entre les deux partis. L’animateur a posé la question : si un accord avec Chega était possible pour constituer une majorité aux Açores, qu’est-ce qui empêche qu’il se répète sur le continent ? André Ventura a accusé le PSD, le CDS et l’Initiative libérale d’un « arrangement » pour que Chega ne le dise pas au gouvernement. João Cotrim de Figueiredo a répondu durement, affirmant que « la stratégie d’Assez a échoué » et que « Chega est un parti qui n’a pas le courage de prendre des mesures difficiles, désorganisé et avec des mesures extrémistes ». Bref, le président d’IL a accusé Chega de « ne pas être fiable », donnant l’exemple des trois votes différents en 12 heures sur le thème de Novo Banco et la confusion des positions concernant la supervision des fonds de la TAP. En réponse, André Ventura a accusé l’IL d’être « le parti des privilégiés, qui a toujours voté pour le PS ».

Défendant la position de Chega sur le sujet de TAP, le président de Chega a accusé IL de « ne vouloir que le profit et de ne pas vouloir connaître le Portugal » : « Ils ne veulent pas savoir s’il y a des routes à maintenir. L’IL n’est ni de gauche ni de droite, c’est une question de profit. Il y a des intérêts stratégiques que TAP doit assurer », a-t-il défendu.

Revenant sur un sujet qu’il avait déjà évoqué dans le débat entre l’IL et le Bloco de Esquerda, André Ventura a accusé les libéraux de vouloir « que les étudiants soient redevables des sommes qu’ils paieront pour leur cours et aussi des intérêts ». Cotrim de Figueiredo s’est complètement démarqué du thème, notant que la proposition n’est plus inscrite dans le programme électoral 2022 mais laissant une pique à son adversaire : « Notre programme a de la densité contrairement aux neuf pages du programme Chega ».

Subventions et TAP

La question des subventions a également montré le clivage des deux parties. André Ventura a de nouveau insisté sur le fait que le montant versé annuellement par le Revenu social d’insertion, 300 millions d’euros par an, « est extraordinairement élevé » et que le pays ne peut pas continuer à avoir « la racaille totale de l’aide sociale ». Cotrim de Figueiredo n’était pas du tout d’accord avec la position de l’opposant, montrant un graphique où il soutient qu’il est conclu que « 220 ans d’aide aux familles roms ont été nécessaires pour payer une aide à la TAP ». « On a un problème de pérennité de la Sécurité sociale, on veut adopter un pilier de capitalisation pour qu’il y ait une galette de financement pour l’économie », s’est défendu IL à ce sujet.

Enfin, un sujet lié au début du débat sur le soutien à un gouvernement dirigé par Rui Rio et à savoir si le leader du PSD ferait un bon premier ministre. « Rui Rio a montré au Parlement qu’il est plus souvent du côté du PS que devant l’opposition », a souligné Ventura ; « Si Rui Rio a un bon programme et s’il ne perd jamais la détermination de l’exécuter, il peut être un bon premier ministre du Portugal », a conclu Cotrim de Figueiredo.