Ce recours de Chega a été présenté après que le président de l’Assemblée de la République, Augusto Santos Silva, ait refusé d’admettre ce projet d’amendement au Code pénal, estimant qu’il violait clairement la Constitution.

Aujourd’hui, la commission des affaires constitutionnelles a approuvé à une large majorité, avec le seul vote contre le président de Chega, André Ventura, un rapport présenté par la députée du PAN, Inês Sousa Real, souscrivant pleinement aux « non-conformités » constitutionnelles et régimentaires à le diplôme de l’Assez qui leur avait été précédemment rappelé par le président de l’Assemblée de la République.

« Cette commission des affaires constitutionnelles n’est pas la Cour constitutionnelle », a prévenu André Ventura quelques instants avant ce vote, promettant qu’il insistera pour que son diplôme soit débattu en plénière.

Pour l’instant, le rapport de la députée Inês Sousa Real sera apprécié et voté lors de la dernière réunion plénière de cette session législative, le 21.

Lors de la période de discussion, André Ventura a tenu à souligner que « la procédure » et non le fond du diplôme Chega était en discussion, et a remis en cause la conclusion du président de l’Assemblée de la République selon laquelle ce projet contient des inconstitutionnalités « manifestes ».

André Ventura a affirmé que, contrairement à la thèse d’Augusto Santos Silva, la question suscite des doutes chez plusieurs constitutionnalistes et le Portugal a ratifié la Cour pénale internationale (CPI), qui, à son tour, admet la réclusion à perpétuité.

Autrement dit, pour André Ventura, « la réclusion à perpétuité est déjà annexée à l’ordre juridique national » et, d’autre part, le diplôme prévoit une révision de la peine tous les 15 ans pour un condamné au maximum.

« Nous donnons une seconde chance au détenu », a plaidé le président de Chega, répondant à un point précédemment soulevé par la députée socialiste Cláudia Cruz Santos.

Cláudia Cruz Santos, en un peu plus de cinq minutes, a présenté les points fondamentaux sur lesquels le diplôme Chega, à son avis, ne respecte pas la Loi fondamentale.

« Ce diplôme de Chega tente de présenter une soupape de sécurité de 15 ans pour éviter d’encourir l’inconstitutionnalité flagrante, mais finit par proposer une peine indéterminée de peines comprises entre 15 et 65 ans. Maintenant, on n’a pas de cadres pénaux comme ça, avec un intervalle de 50 ans, nulle part », a-t-il souligné.

Le député PS a commencé par souligner que le président de l’Assemblée de la République a un « devoir » de ne pas admettre la discussion des diplômes inconstitutionnels, citant, à cet effet, l’article 12 de la Constitution de la République.

Ensuite, Cláudia Cruz Santos a plaidé pour qu’en proposant une peine de 65 ans de prison, en substance, une peine à perpétuité soit appliquée.

Dans le même ordre d’idées, la députée PSD Mónica Quintela a donné comme exemple l’hypothèse théorique d’un jeune de 16 ans condamné à une peine de prison de 65 ans.

« Vous sortirez de prison à 81 ans. Il passera toute sa vie en prison. Quel citoyen nous rendrait le système carcéral au bout de ce temps-là ? », s’interroge la députée sociale-démocrate.

Pour Mónica Quintela, une peine de prison de 65 ans se heurte au principe de resocialisation et, comme l’a également défendu la socialiste Cláudia Cruz Santos, viole l’article premier de la Constitution de la République sur la dignité humaine.

Du côté du PCP, la députée Alma Rivera a estimé que le projet Chega viole les « valeurs civilisationnelles élémentaires », tandis que Rui Tavares, pour Livre, a qualifié le diplôme du parti d’André Ventura de « cacieux ».

« Le président de l’Assemblée de la République a agi avec sagesse. La décision qu’il a prise était pleinement justifiée », a conclu Rui Tavares.

La députée de l’Initiative libérale Patrícia Gilvaz a également souscrit à la position selon laquelle le projet Chega « viole clairement la Constitution ».

PMF // ACL